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GALERIE D'ART CONTEMPORAIN

   Simplement gommer


C'est aller à la reconnaissance de l'image comme on va à celle d'un terrain. Aller à la reconnaissance de ce qui est déjà sous le filtre de la représentation technique (la photographie) d'une idée issue du réel observé. Devant le fait d'une situation ou de l'image – puisqu'elle est née de passages, d'observations, et d'intuition- il s'agit de faire valoir le phénomène constitutif de cette même image: ces infimes particules unies ou plutôt unifiées qui nous donne l'illusion d'une chose commune, d'une chose reconnaissable.

Devant le fait de l'image l'œil et la pensée ne peut se satisfaire de la seule représentation. La décision consiste à découvrir, à abstraire « la prétendue couverture », c'est à dire à procéder par un geste de retrait, d'autres diront d'érosion, de ce que la surface retient ou fixe. Altérer ainsi ce qui apaise le regard, ce que l'on reconnaît. Alors le geste principal entrepris est celui de gommer, simplement gommer.

Qu'est-ce donc que gommer une image dessinée à la mine de plomb sur une surface de « reliance » ? Gommer délibérément une surface, un support, revient à provoquer une érosion, une usure. Mais on retient avant en amont l'idée d'écarter les particules constitutives d'une image pour favoriser l'avènement d'une autre image.

Valorisant l'acte de gommer autant que les formes graphiques qui en résultent. Dessiner en devient une manière performative pour approcher ce qui se joue dans une information visuelle. Être présent devant puis dans l'image par l'analyse et par les orientations possibles apportées par cette même image. Quelques fois l'action effectuée sur cette image est déterminée par sa portée symbolique et/ou historique... Gommer et conserver le geste est une manière d'accorder une importance au vide créé, « ce vide qui fait lien » pour paraphraser Edmond Jabes.